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  • Là - Yves BOUDIER

    Biobibliographie de Yves BOUDIER

     

    Edition Farrago /  Collection Biennale Internationale de Poètes en Val-de-Marne

    N° ISBN:2844901271                           

    Nov 2003                           

    66 p                         

    12€                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

     

    Quelque chose, que je ne sais nommer, me traverse à la lecture de ces poèmes d’Yves Boudier. Poèmes dont la forme sur la page m’interpelle. Ce n’est pas seulement qu’elle m’intrigue, mais elle m’accroche à sa présence. Peut-être par la sobriété des poèmes, comme des stèles posées, sur le calendrier de jours vécus ?Ce sont quatre ensembles de poèmes, titrés aux noms de mois de l’année Janvier, Février, Mars et Septembre -, qui composent ce livre. Episodes funestes que l’on soupçonne sous le dépouillement du langage, la brièveté de la forme.

     

    En aval du siècle

    trois semaines

    de l’autre

    côté

    puis rien

     

    Les poèmes sont courts. Les vers ténus, dans une mise en page aérée. Ce qui caractérise plus particulièrement l’écriture d’Yves Boudier, avec sa brièveté, ce sont les distinctions typographiques utilisés pour différencier les sources du langage. Deux voix, cohabitent ainsi dans les poèmes tout au long du livre. Quelle est cette écriture différenciée – cette voix – qui demeure dans la distance typographique de l’italique et de la parenthèse ? Quel est ce contrechant, qui accompagne et rythme la parole, comme scindée dès lors, du poète ? Mais voix aussi qui résonne en harmoniques dans son lieu intime et qui fait du poème, ce juste écho du ressenti.

    Qui chante là quand toute voix se tait ? Ce vers de Philippe Jaccottet interroge au coeur l’émergence de toute parole poétique. , dans ce lieu du poème ? Où la parole de l’Être est scindée. Deux voix. L’une se distinguant de l’autre. Distante. En retrait. Un contrepoint se démarquant plus encore sur la page, par un cadrage à droite, semblant dans cette volonté, inscrire plus profondément des frontières ineffables de l’Être.Qui réside dans le lieu de cette opposition ? Quelle douleur, quelle peine trouble ainsi le souffle du poète, jusqu’à la rupture de certains poèmes sur la page, dans cette traversée verticale d’un vide, entre deux écritures se faisant face ?Quelque chose se passe - - que je ne sais nommer. Mais qui m’atteint par le poème sur la page. Et qui me touche.

     

    HM